vendredi 24 février 2017

INVIVO by 2025 : Les traders du libre-marché.


INVIVO by 2025 : Les traders du libre-marché.

 « On a les inconvénients d’un pays riche, on fait de la politique. Dans les pays pauvres, on fait du commerce. » Déclaration du directeur « trading » au CCE Union INVIVO le 31/01/2017.

A nos dirigeants qui  rêvent d’un marché libre qui n’est pas un marché règlementé sans procédure d’admission et non soumis à des obligations de diffusion et de transparence de l’information, nous répondons : Les pays riches ne peuvent acquérir leur autosuffisance alimentaire, qu’en refusant à la fois libéralisme et protectionnisme.  Cela passe par l’abandon de toute politique d’exportation à outrance et le respect des rythmes de développement de chaque nation. Cela signifie rompre avec le productivisme au bénéfice de la qualité des produits et du respect de l’environnement… Ce que la logique du marché libre voudrait voir voler en éclat.


« C’est seulement dans les pays retardés du monde que l’accroissement de la production est un objectif important : dans les plus avancés, ce dont on a besoin sur le plan économique est une meilleures répartition » John Stuart Mill, principes d’économie politique 1848


Les recettes qui tendent simplement à tempérer le libéralisme, comme toutes celles qui prétendent réguler ou civiliser le capitalisme, se heurtent à la logique du système : produire toujours plus, non pour satisfaire les besoins humains mais pour vendre, réaliser des profits. La mondialisation est l’instrument. Les dégâts sociaux et écologiques qu’elle provoque appellent des solutions incompatibles avec le capitalisme.
Ce que nous remettons en cause c’est la légitimité sociale (et écologique) du capitalisme. Nous revendiquons son incapacité à satisfaire une fraction croissante des besoins sociaux. Et ceci vaut aussi pour les pays émergents, dont les succès reposent en grande partie sur l’exclusion de couches sociales et de régions entières du globe. La progression de la productivité s’alimente d’un usage quasiment gratuit de l’énergie mais cette logique vient aujourd’hui buter sur la contrainte écologique. De fait, ce système ne satisfait pas aux besoins écologiques de l’humanité dans la mesure où sa logique est intrinsèquement contradictoire avec les exigences de la lutte contre le réchauffement climatique.

Un grand tournant libéral qui introduit une rupture fondamentale avec les valeurs prônées par la coopération :
Il semblerait que l’engagement en coopération qui correspondait à une manière de protester contre la logique implacable du profit, en s’appuyant sur la force du collectif pour ne pas sombrer dans la « misère », semble n’être qu’un souvenir pour INVIVO et ses administrateurs.
La nouvelle étape du projet INVIVO by 2025, consiste à mettre en place les conditions favorables à  l’essor de la financiarisation de l’entreprise INVIVO pour permettre l’augmentation de la part de la valeur ajoutée qui revient aux adhérents ou actionnaires : La baisse de la part des salaires est un phénomène aujourd’hui universel .Elle a conduit à la baisse des coefficients dans la classification des emplois, l’exclusion des cadres des augmentations collectives et se poursuit aujourd’hui, par la compression des effectifs. En effet, la baisse de la masse salariale a pour contrepartie une augmentation du taux de marge, autrement dit de la part de la valeur ajoutée qui va au  profit. Ainsi, le taux de profit augmente quand la part des salaires baisse (ce qui fait augmenter le taux de marge) et quand  la production est plus économe en capital (l’intensité capitalistique baisse).
La question qui se pose ensuite est de savoir à quoi a été consacré ce supplément de profit : Des investissements de demain et les emplois d’après demain ?
Nous en doutons car un système fondé sur la concurrence entre capitaux entraîne des licenciements ou des délocalisations par l’impératif de compétitivité avec la tentation de prendre prétexte de ces contraintes pour « surréagir » et augmenter les profits.


L'arithmétique est simple : la part des salaires baisse et celle de l’investissement stagne, il faut bien que quelque chose augmente. La réponse est évidente : la principale contrepartie de la baisse des salaires est une véritable explosion des dividendes : plus de 97 M€ de dividendes en 2015-16  [91 M€ avec une progression de 12% en 2014-15 (2013-14 81,4M€)].Largement de quoi maintenir les emplois, de financer une augmentation de salaire et en plus de créer des emplois.

Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est la légitimité sociale et écologique du capitalisme. La voie consistant à le réguler et à l’encadrer est plus bouchée que jamais et il reprend sa liberté en faisant apparaître sa nature profonde qui consiste à se perpétuer par la régression sociale. C’est pourquoi, sa mise en cause profonde en tant que système devient, plus que jamais, vitale.
La FNAF CGT a toujours revendiqué un renforcement des pouvoirs des comités d’entreprise pour vérifier, en amont des licenciements, leur bien fondé, entre autres par l’expertise économique et par un droit de consultation dans les Conseils d’Administration. Alors que le gouvernement et patronat multiplient les opérations de communication autour de la « révolution numérique » et de l’ « industrie du futur », les salariés restent plus que jamais confrontés à des restructurations destructrices d’emplois, à la dégradation des conditions de travail, à la dévalorisation des qualifications, à la stagnation des salaires menées au titre de la sacro-sainte « compétitivité ».  Alors qu’en même temps, le Groupe INVIVO reçoit 2 M€ environ de l’état au titre du CICE. La sauvegarde de l’emploi ne peut pas passer par une facilitation des licenciements !  
Cela n’exclut pas les luttes dans l’entreprise : Refusons le détournement des résultats et des gains de productivité vers la rémunération du capital, n’acceptons pas une économie d’effectifs avec cette restructuration qui a été mise en place trop vite, sans concertation et sans alternative possible pour le personnel des « Marchés trading ».  
Nous appelons à la mobilisation des salariés dans l’entreprise et à manifester le 21 mars prochain au côté de la CGT. Pour un printemps revendicatif, journée interprofessionnelle de mobilisation partout en France : rassemblements, manifestations, grèves. 
Contacter les représentants du personnel FNAF CGT
Références : Textes issus du « Capitalisme en 10 leçon »par Michel HUSSON

mardi 20 décembre 2016

INVIVO by 2025, ou comment une entreprise peut faire un plan social sans avoir de difficultés économiques

L’EBITDA est la star incontestée de la direction et des administrateurs de l’Union INVIVO qui se réjouissent, lorsqu’il y a croissance à l’internationale. Mais la croissance ne dit rien des éléments négatifs de l’activité humaine comme le montre l’exemple de l’agriculture et de ses pesticides qui ont des impacts sur l’environnement et sur la santé, notamment sur la santé au travail. (Pour info : les parlementaires ont adopté une proposition de loi relative au « devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordres » qui comportent les mesures de vigilance raisonnable propres à identifier les risques et à prévenir les atteintes graves envers les droits humains et les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes ainsi que l’environnement.)
Elle évite également, de parler des conséquences du commerce lointain qui approvisionne les coopératives et procure des profits très élevés mais assortis de risques considérables. Ce mode d’enrichissement fondé sur l’agriculture intensive et l’échange inégal conduit à l’opposition de notre économie nationale qui serait une économie de marchés concurrentielle.
Aujourd’hui, elle se traduit par la restructuration des activités de l’entreprise (et d’un recrutement de nouvelles ressources humaines), avec son lot de réformes structurelles, adoptées par la majorité des organisations syndicales du Groupe (Accords classifications dont les coefficients sont revus à la baisse, plan de départ retraites, dénonciation des 35H00 chez INVIVO LABS, refonte de la prévoyance santé, etc.).On observe une course folle où l’emploi court toujours derrière les gains de productivité : restructuration de la DIAE Agrofourniture (licenciement de 6 salariés environs), SIGMA TERME (sortie de 19 salariés, dont 6 licenciements), l’AGROEQUIPEMENT (licenciement de 9 salariés au siège +  4 en région, environ), Les MARCHES (licenciement de 7 salariés), Moyens généraux (suppression de « 4 » postes environ),QHSE (sortie de 4 ou 5 salariés), Restauration (sortie « 2 » salariés), etc.Pour seule réponse, les organisations syndicales CFDT, CGC, FO, CFTC revendiquent l’intégration des salariés à l’Accord « GPEC UES INVIVO sur la gestion des mobilités actives » 2016.

Cette revendication à la mobilité est évidemment tartuffesque
, dans un monde de très haut niveau de chômage comme le nôtre, c’est une façon de leur dire : « Soyez mobile, chers collègues de la cinquantaine, non diplômés, voguez de CDD en intérim rémunérés au SMIC, sans oublier de repasser par la case chômage de temps en temps. Mais surtout ne vous posez jamais, car la stabilité, c’est la sclérose… » En vérité, l’employeur nous propose la mobilité comme réponse au chômage.

C’est idiot, car seules des politiques sociales ambitieuse, avec une véritable gestion des ressources humaines et des budgets conséquents, réservés à la formation des salariés dont les emplois sont menacés, sont la clef de la mobilité. Cela passe par la reconnaissance du travail des salariés en plaçant le travail au cœur des discussions, en favorisant l’autonomie, l’accès à la formation et l’information, en expliquant les possibilités d’évolution, en évaluant les moyens et ressources dont disposent les salariés, etc.
Effectivement, il suffisait d’appliquer les mêmes privilèges que ceux octroyés à la trésorière CFDT du CE Paris et rattachés qui va bénéficier d’une formation d’une année pour prendre un poste à responsabilité au QHSE Silos car son poste actuel à l’activité « Marchés » était manifestement menacé… Et à l’épouse du secrétaire CFDT au CCE UES Union INVIVO qui a profité d’une année de contrat de professionnalisation « cadre » pour occuper un poste d’acheteuse en CDI au mois d’octobre 2016
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La CGT INVIVO n’a cessé de dénoncer les ravages du capitalisme débridé, ses délocalisations, ses licenciements spéculatifs, sans jamais convaincre les élus CFDT et CGC, majoritaires au CE Paris et rattachés. Force est de constater qu’ils n’ont pas seulement, employé tous les outils et prérogatives à leur disposition (expertises technologique et comptable), mais aussi, contribué à dérégulé les rapports entre individus, chacun devra apprendre à se débrouiller seul. Ces recours auraient d’autant plus été justifiés qu’au fil du temps le champ d’intervention des comités d’entreprise s’est considérablement élargi et que l’efficacité de l’instance se mesure à sa capacité à anticiper et à peser sur les choix de gestion de l’entreprise, dont les conséquences en matière d’emploi et plus largement de conditions de vie au travail des salariés peuvent s’avérer particulièrement douloureuses, notamment dans le cadre des restructurations d’entreprise.
Mais il est vrai que la CFDT considère la dépense trop onéreuse pour l’employeur, alors que la somme est provisionnée dans les budgets de l’entreprise.
Toutefois, les élus CGT INVIVO sont prêts à vous venir en aide et appellent l’ensemble des salariés, dont les emplois sont supprimés, à se mobiliser et à se réunir sur leurs lieux de travail pour débattre de leurs revendications et des suites à donner à ces licenciements…. Contacter les représentants du personnel FNAF CGT.notre blog  http://cgtinvivo.com ou  http://cgt-invivo.blogspot.com



Une entreprise peut faire un plan social sans avoir de difficultés économiques
Grâce à la mobilisation de la CGT, Sud, syndicats des jeunes étudiants, etc., le gouvernement a reculé sur plusieurs aspects de la loi Travail, mais l'essentiel des dangers de la loi Travail demeurent. La définition du temps de travail (rémunération des heures supplémentaires, forfaits jours ...) est renvoyée à l'entreprise, les employeurs pourront généraliser le chantage à l'emploi et les licenciements seront facilités.En effet, le gouvernement HOLLANDE (Rebsamen, Walls, Macron, etc.) n’a eu de cesse que faciliter encore plus les licenciements économiques !
En 3 ans, sous le même gouvernement, pas moins de 3 lois ont été votées pour faciliter les licenciements économiques et affaiblir les prérogatives des représentants du personnel :
• La loi du 14 mai 2013 (issue de l'ANI signé par la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC) encadre ces licenciements dans des délais stricts, assouplit les procédures et rejette la responsabilité de l’employeur sur l’Etat ;
 • La loi Rebsamen et la loi Macron en 2015 qui affaiblissent les droits des représentants du personnel et facilitent encore les licenciements économiques, notamment en modifiant le périmètre de reclassement


Nouveau cadre du licenciement économique Publié par Cgt-Juridique30 Août 2016, 17:40pm


 La loi "relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels" a été promulguée le 8 août 2016, publiée au Journal officiel du 9 août 2016 et s'applique à partir du 10 août 2016.


Le Conseil constitutionnel a validé l'essentiel du texte le 4 août 2016.La loi travail comporte des mesures importantes portant sur la durée du travail et les congés. Elle modifie les règles en matière de négociation collective; elle donne un nouveau cadre au licenciement pour motif économique; elle crée le compte personnel d'activité (CPA) et aménage le compte personnel de formation (CPF). En matière de santé au travail, elle supprime la visite médicale d'embauche et modifie les règles de constatation de l'inaptitude.La nouvelle loi prévoit la réécriture du code du travail en deux ans, avec de nouvelles subdivisions du code en trois niveaux: ce qui relève de l'ordre public, c'est-à-dire des dispositions auxquelles on ne peut pas déroger. Ce qui est ouvert à la négociation collective, à savoir des dispositions mises en place par le biais d'accord d'entreprise ou de branche. Et enfin, les dispositions supplétives, qui sont des dispositions applicables en l'absence d'accord d'entreprise ou de branche.Concernant plus précisément, les nouvelles dispositions du code du travail sur le licenciement économique, à l'instar de la réforme sur le droit des contrats, il ne s'agit qu'une codification d'une jurisprudence bien établie.Sur la définition du licenciement pour motif économique: article 67 de la loi n°2016-1088 du 8 août 2016


Il est précisé dans l'actuel article L. 1233-3 du Code du travail, qu'un licenciement économique pouvait être prononcé en cas de suppression ou transformation d'un emploi ou de modification d'un élément essentiel du contrat de travail refusée par le salarié, causée par des difficultés économiques ou des mutations technologiques.En effet, l'article L. 1233-3 du Code du travail, tel que modifié par la loi n°2008-596 du 25 juin 2008, dispose que :"Constitue un licenciement pour motif économique le licenciement effectué par un employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié résultant d'une suppression ou transformation d'emploi ou d'une modification, refusée par le salarié, d'un élément essentiel du contrat de travail, consécutives notamment à des difficultés économiques ou à des mutations technologiques.Les dispositions du présent chapitre sont applicables à toute rupture du contrat de travail à l'exclusion de la rupture conventionnelle visée aux articles L. 1237-11et suivants, résultant de l'une des causes énoncées au premier alinéa".
Toutefois, à partir du 1er décembre 2016, deux nouvelles causes de licenciement économique, qui sont déjà consacrées par les juges, seront intégrées dans le Code du travail, à savoir :
la réorganisation de l'entreprise nécessaire à la sauvegarde de sa compétitivité,
Et la cessation d'activité de l'entreprise.
Il est à noter que les juges peuvent retenir d'autres causes de licenciement qui ne sont pas prévues dans le code du travail.
- Par ailleurs, la loi précise que la matérialité de la suppression, de la transformation d’emploi ou de la modification du contrat de travail s’apprécie au niveau de l’entreprise.Les juges considèrent déjà que l’existence des difficultés économiques s'apprécie au niveau de l'entreprise et non d’un établissement ou d’une activité.Ainsi, si une entreprise fait partie d'un groupe, les difficultés économiques s’apprécient au niveau du secteur d'activité du groupe et s'il s'agit d'un groupe international, doivent également être prises en compte les sociétés du secteur d'activité situées à l'étranger.Aussi, la loi encadre la notion de "difficultés économiques ". Ainsi, l'alinéa 2 du nouvel article L. 1233-3 du Code du travail est ainsi rédigé :"2° A des difficultés économiques caractérisées soit par l'évolution significative d'au moins un indicateur économique tel qu'une baisse des commandes ou du chiffre d'affaires, des pertes d'exploitation ou une dégradation de la trésorerie ou de l'excédent brut d'exploitation, soit par tout autre élément de nature à justifier de ces difficultés.


"Une baisse significative des commandes ou du chiffre d'affaires est constituée dès lors que la durée de cette baisse est, en comparaison avec la même période de l'année précédente, au moins égale à : 

a) Un trimestre pour une entreprise de moins de onze salariés ; 
b) Deux trimestres consécutifs pour une entreprise d'au moins onze salariés et de moins de cinquante salariés ; c) Trois trimestres consécutifs pour une entreprise d'au moins cinquante salariés et de moins de trois cents salariés ;
d) Quatre trimestres consécutifs pour une entreprise de trois cents salariés et plus".